Menu
Libération

L’Europe tétanisée par le Kremlin

Réservé aux abonnés

Contrairement aux Etats-Unis et leur loi Magnitski, le Vieux Continent ménage son puissant voisin.

Publié le 08/03/2013 à 20h26

Selon un récent sondage Ifop pour l’ONG Russie-Libertés, 85% des personnes interrogées en France seraient favorables à ce que le pays adopte une «loi Magnitski» comme l’ont fait les Etats-Unis. Ce texte, signé par le président Barack Obama en décembre, interdit de séjour sur le territoire américain toutes les personnes impliquées dans la mort de l’avocat fiscaliste russe et gèle leurs avoirs bancaires et immobiliers sur le sol des Etats-Unis. Au départ, il s’agissait de punir les fonctionnaires russes (juges, policiers, médecins, etc.) à l’origine de la mort du jeune juriste. Mais finalement cette loi est plus large, puisqu’elle peut frapper toute personne responsable de graves violations des droits humains en Russie.

L'existence de ce texte est à mettre au crédit d'un homme, le financier américain Bill Browder, qui en 2009 s'est juré, en apprenant aux Etats-Unis la mort de Sergueï Magnitski, de «lui rendre justice» sans ménager son temps, ni sa fortune.

Batterie d'avocats. Lorsque Magnitski décède dans sa cellule, l'homme d'affaires, premier investisseur étranger en Russie dans les années 90, ne vit plus à Moscou. En 2005, de retour de voyage, il est refoulé à l'aéroport où son visa est annulé sans explication. Les autorités lui reprochent d'avoir pris trop ouvertement ses distances avec le régime Poutine après l'arrestation en 2003 du magnat pétrolier, Mikhaïl Khodorkovski. Browder engage une batterie d'avocats pour défendre ses

Dans la même rubrique