Ce n'est pas seulement que Time soit à vendre. Bien plus alarmant encore, c'est aussi que le plus illustre des news magazine, inventeur du genre, modèle d'exigence et de rigueur dont le succès fut tel qu'il avait été copié sur tous les continents, a toutes les peines du monde à trouver un acheteur. La presse, la presse occidentale du moins, n'intéresse plus personne, ni les investisseurs qui ne croient plus en son avenir industriel, ni les annonceurs qui ne misent plus sur elle pour développer leurs ventes, ni les lecteurs, avant tout, toujours moins nombreux à acheter ses titres, quotidiens ou hebdomadaires. Pilier de la démocratie, la presse se meurt mais de quoi ?
D’Internet et des chaînes d’information continue, répond-on de toute part. Le coupable serait, autrement dit, la multiplication de sources d’information instantanée et gratuite qui frapperaient d’obsolescence des journaux payants que leurs délais de fabrication rendraient structurellement incapables de survivre à ces nouvelles concurrences. Telle qu’on la connaissait, la presse serait aussi sûrement condamnée que la calèche par l’apparition de l’automobile. Cela paraît logique, imparable, mais pourquoi avait-elle alors si bien et si longtemps résisté à l’instantanéité de la radio puis à l’impact de journaux télévisés diffusés avant même que ne soit entamée son impression ?
Car les faits sont là. Au siècle dernier, la radio n'avait nullement tué la presse. L'essor de la télévision avait précédé




