Le froid mordant de l’hiver s’immisce sous son long voile, glace son corps frêle et ses pieds nus. Accroupie dans une position épuisante pour éviter de s’asseoir sur le sol humide, Samrin Adalat, 7 ans, s’efforce d’écouter la leçon, son manuel scolaire à même le sol. Pour cette écolière pakistanaise, ni salle de classe, ni chaise, ni tableau noir : dans le village de Masho Gaggar (nord-ouest), l’école, c’est en plein air, et sur des sacs de jute sales et poussiéreux. Depuis que son école primaire publique a été plastiquée par les talibans, Samrin et ses camarades sont «hébergées» dans la cour extérieure d’une autre école déjà surpeuplée du même village.
Ces dernières années, plus de 1 200 écoles du nord-ouest du Pakistan ont été attaquées par les rebelles islamistes, qui visent désormais aussi des écoles pour garçons - cinq ont été détruites début mars. La cruauté des talibans, alliés à Al-Qaeda, n’est plus à démontrer. En octobre, ils n’avaient pas hésité à s’en prendre à une écolière de 15 ans, Malala Yousafzai, pour son engagement en faveur de l’éducation des filles et contre les exactions dont elles sont l’objet. Blessée par balle à la tête, le tympan gauche détruit, elle a miraculeusement survécu et est depuis soignée en Angleterre. L’émotion suscitée par son sort en a fait une icône internationale et l’une des favorites pour le prix Nobel de la paix.
«Colère». En décembre, lors d'une conférence de l'Unesco à Paris, le président pakis




