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En Turquie, le grand pari de la paix kurde

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Les négociations avancent à grand pas avec le leader emprisonné du PKK. Le Premier ministre Erdogan compte en sortir renforcé.

Un portrait d’Abdullah Öcalan, leader du PKK, devant le Centre d'information du Kurdistan à Paris. (Photo Christian Hartmann. Reuters)
Publié le 15/03/2013 à 21h16

En pleine mer de Marmara, à une bonne heure de navigation au sud d’Istanbul, se dresse un îlot rocheux devenu une prison de haute sécurité après avoir servi, durant des siècles, à l’exil des ennemis des empereurs byzantins, puis des sultans. Là, depuis 1999, est incarcéré Abdullah Öcalan, le leader des rebelles kurdes turcs du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Il a été condamné à la prison à vie, longtemps interdit de journaux comme de télévision. Jusqu’à ces dernières semaines, il ne pouvait recevoir que les visites de ses avocats et de ses parents. Désormais, le va-et-vient est continuel. La prison d’Imrali est au cœur des négociations pour tenter de trouver une solution politique à un conflit kurde qui, depuis le début de la lutte armée en 1984, a fait quelque 45 000 morts et plus d’un million de déplacés.

Mercredi, le PKK a libéré huit «prisonniers», soldats et fonctionnaires turcs qu'il tenait en otage depuis deux ans. Le 21 mars, pour la fête de Newroz, le nouvel an kurde, Öcalan devrait annoncer un cessez-le-feu. Dès l'été, son mouvement pourrait retirer ses combattants du sol turc. «Pour la première fois, le gouvernement assume ouvertement la réalité de telles discussions, même s'il y avait déjà eu des contacts dans le passé, et pour la première fois surtout, il reconnaît le rôle central d'Abdullah Öcalan dans un tel processus», affirme Cengiz Çandar, éditorialiste et politologue engagé depuis des années sur la question kurde, ce peuple écartelé entr

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