Pour avoir publiquement crié à l'adresse des politiciens «Allez vous faire foutre» («Vaffanculo»), les élus du mouvement Cinq Etoiles sont aujourd'hui au nombre de 163 au Parlement italien. S'appliquant à transférer son répertoire d'ancien humoriste à la politique, leur mentor, Beppe Grillo, s'est lui fait une spécialité à attribuer à chaque adversaire un surnom plus ou moins infamant. Berlusconi est le «nain», Mario Monti le «vampire», Pier Luigi Bersani à la fois le «parasite» et le «zombie».
Ce dernier qualificatif avait déjà été utilisé il y a une vingtaine d'années par l'imprévisible président de la République, le démocrate-chrétien Francesco Cossiga, à l'encontre d'un autre leader de la gauche Achille Occhetto traité de «zombie à moustaches». Mais à l'époque, l'insulte restait confinée dans le registre classique de l'idéologie. Les militants de gauche faisaient ainsi taire leurs adversaires de droite en les taxant de «fascistes» et, en retour, se faisaient invariablement traiter de «communistes». Un anathème repris à l'infini par Silvio Berlusconi.
Avec l'arrivée du Cavaliere sur la scène publique, en 1994, accompagné de personnalités du petit écran rompues aux esclandres médiatiques, la diabolisation verbale de l'adversaire a explosé. Notamment à l'adresse des magistrats définis pêle-mêle par Silvio Berlusconi de «métastases», de «malades mentaux» ou d'«assassins»




