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Critique

Casanova reprend langue

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Nouvelles éditions des mémoires du séducteur italien établies à partir du manuscrit original, rédigé en français

Publié le 27/03/2013 à 19h06

A peine publiées, ses mémoires fascinèrent aussi bien Stendhal que Musset ou plus tard Sainte-Beuve. Giacomo Casanova fut le symbole d'un certain XVIIIe siècle tout en légèreté et en amour poudrés, adulé ou honni par l'âge bourgeois qui lui succéda. Paradoxalement, la longue fortune littéraire de l'Histoire de ma vie fut longtemps celle d'une écriture élégante et désincarnée qui n'était pas celle de Casanova. Après sa mort, le manuscrit fut vendu en 1821 par un neveu à l'éditeur allemand Brockhaus, qui le jugea impubliable dans l'état pour son immoralité et ses italianismes. Le livre sortit ainsi d'abord dans une traduction allemande, retraduite ensuite en français dans une édition pirate, avant que Brockhaus ne se décide cinq ans plus tard de publier le livre dans son français original, chargeant toutefois un certain Jean Laforgue d'en nettoyer la langue et d'en bannir les scènes trop lestes. Pendant près d'un siècle et demi, cette édition profondément remaniée fut la seule disponible.

Aventure. En 1960 seulement, Brockhaus, associé avec Plon, publia le manuscrit original, que reprit la collection «Bouquins» en 1993 dans une édition néanmoins très imparfaite, voire parfois fautive. L'acquisition il y a trois ans par la BNF du manuscrit original de 3 682 pages, payé quelque 7,5 millions d'euros par un généreux mécène resté anonyme, permet enfin de retrouver le texte original dans toute sa puissance, avec le découpage s

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