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Libération
Reportage

Au Venezuela, l'insécurité au cœur de la campagne

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Police corrompue, kidnappings-minute, meurtres par milliers... En choisissant le thème de la sécurité pour la dernière ligne droite avant la présidentielle, l’opposition tape juste.

A Caracas, en mai 2011. Le Venezuela est le pays le plus dangereux du monde. (Photo Jorge Silva. Reuters)
ParGérard Thomas
Caracas, envoyé spécial
Publié le 02/04/2013 à 16h52

«Je veux pouvoir sortir à pied le soir et rentrer chez moi sans me faire agresser, sans me faire enlever, sans avoir peur dès qu'une voiture passe lentement près de moi !» Casquette aux couleurs nationales jaune, bleu et rouge vissée sur la tête, Maria Teresa, la trentaine, arpentait lundi soir l'avenue Francisco Miranda de la capitale vénézuélienne, en compagnie de dizaines de milliers de sympathisants de la Mesa de la union democratica (MUD), une alliance d'une trentaine de partis d'opposition au gouvernement actuel qui vont de la gauche déçue du «chavisme» à la droite dure. Cette mobilisation «contre la violence» et «pour un pays dans lequel on peut marcher tranquillement la nuit» était organisée par Henrique Capriles Radonski, le candidat de l'opposition qui affrontera dans les urnes, le 14 avril, le président par intérim Nicolas Maduro pour un mandat présidentiel de six ans. Un nouveau round électoral rendu nécessaire par le décès du président Hugo Chavez, triomphalement réélu le 7 octobre dernier mais emporté par un cancer sans même avoir pu prêter serment. Gouverneur de l'Etat de Miranda (sud de Caracas), Capriles, 40 ans, a déjà été le candidat de l'opposition unie à l'automne. Il s'était incliné devant le «comandante» mais avait engrangé plus de 6,3 millions de votes sur son nom.

«A bas la gauche»

Jusque tard dans la nuit de lundi à mardi, les manifestants ont défilé dans une ambiance bon enfant sur la grande artère de Caracas coupée à la circulatio

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