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Libération

Le gavage, une autre torture à Guantánamo

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États-Unis. Les détenus du camp en grève de la faim sont nourris de force. Et leur tranfert reste bloqué.

ParLorraine Millot
De notre correspondante à Washington
Publié le 05/04/2013 à 21h26

«Soit tu prends le miel dans ta bouche, soit je te le fourre dans l'anus !» Selon l'avocat David Remes, c'est dans cette ambiance que se déroulent nombre de repas au camp de Guantánamo, où plusieurs dizaines de détenus poursuivent une grève de la faim depuis des semaines. «Un de mes clients m'a raconté la scène lors d'un coup de fil vendredi [29 mars], rapporte David Remes, qui représente quinze prisonniers de cette base. Pour tenter de maintenir les détenus en vie, les gardes essaient de leur faire manger du miel. S'ils n'y arrivent pas, ils passent au tubage pour les nourrir de force.»

Fouilles. Sur les 166 personnes encore incarcérées à Guantánamo, quelque 130 seraient aujourd'hui en grève de la faim, estiment leurs avocats, qui se fondent sur des coups de fil et visites sporadiques à leurs clients. Le Pentagone, responsable du camp situé sur une base militaire américaine à Cuba, faisait état, vendredi, de 40 grévistes de la faim, dont 11 nourris de force. La procédure, pratiquée depuis des années chaque fois que des détenus refusent trop longtemps leurs repas, consiste à introduire un tube dans la narine pour descendre jusqu'à l'intestin.

Le mouvement de grève a débuté en février pour protester contre des fouilles agressives, ont raconté les détenus à leurs avocats, se plaignant en particulier que leurs corans ne soient pas maniés avec le respect voulu. «Le nouveau commandant du camp, arrivé en juin, a ré

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