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Interview

En Irak, «nous n’avons pas suffisamment écouté les spécialistes»

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Richard Armitage, ex-secrétaire d’Etat adjoint de George Bush, revient sur l’intervention de 2003.

ParLorraine Millot
Correspondante à Washington
Publié le 09/04/2013 à 20h56

Dix ans après la chute de Saddam Hussein (1), les Etats-Unis réalisent que la guerre d'Irak leur a coûté extrêmement cher, humainement, financièrement et géopolitiquement. Même d'anciens responsables de l'administration Bush admettent que cette guerre n'en valait certainement pas la peine. Parmi eux, Richard Armitage, ancien secrétaire d'Etat adjoint, de 2001 à 2005. Il est sans doute l'un des plus lucides.Dans cette interview à Libération, il reconnaît que la guerre d'Irak était une «erreur», «une grande erreur».

Avec le recul, quel bilan faites-vous de cette guerre d’Irak ?

Je ne vais pas me jouer de vous en répondant qu’il est trop tôt pour le savoir. Mais le bilan dépend du point de vue. D’un côté, je suis anéanti par le fait que 4 488 militaires américains ont perdu la vie dans cette guerre et que 32 000 Américains ont été blessés. 120 000 ou 130 000 Irakiens ont été tués. C’est horrifiant. D’un autre côté, si vous êtes aujourd’hui un chiite vivant dans le sud de l’Irak, vous êtes sans doute satisfait. Si vous êtes kurde dans le nord de l’Irak, vous êtes satisfait. Si vous êtes sunnite au centre du pays, vous êtes très mécontent. Le positif, c’est qu’il y a maintenant un président démocratiquement élu et une Constitution garantissant les droits des femmes. Il est bon aussi de savoir que l’Irak ne menace plus d’envahir ses voisins, comme il a pu le faire par le passé. Mais je ne voulais pas de cette guerre pour accroître l’influence de l’Iran, et c’est aujourd’hui le résultat.

Cette influence de l’Iran n’avait-elle pas été prévue, anticipée, quand vous étiez au département d’Etat?

Les neocons [les néoconservateurs, t

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