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Critique

A porc défendant

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L’intégration face à la symbolique du cochon depuis la Révolution

Publié le 10/04/2013 à 23h16, mis à jour le 10/04/2013 à 23h16

Dans le cochon, tout est bon, mais rien n'est politiquement neutre. Des «soupes au lard» inventées par des groupuscules «identitaires» d'extrême droite pour exclure SDF musulmans ou juifs aux «apéritifs saucisson/pinard» lancés par Riposte laïque, en passant par une chanson du site de Marine Le Pen célébrant les vertus cet animal intégralement comestible «qui a la couleur des roses», le porc est devenu une bannière. «En son nom, on exclut, du moins symboliquement, ceux des citoyens qui se refusent à le consommer dans le respect de leurs prescriptions religieuses», note Pierre Birnbaum dans un essai d'autant plus d'actualité que le cochon est devenu l'emblème du refus de la viande halal et cacher. On l'a vu durant la présidentielle avec la polémique lancée par Marine Le Pen, puis relayée par la droite respectable, comme en témoignent les propos de François Fillon s'interrogeant, en mars 2012, «sur le maintien de traditions qui n'ont plus à voir avec l'état de la science, de la technologie et des problèmes de santé».

Pierre Birnbaum, sociologue et historien, professeur émérite à la Sorbonne, revient avec ce texte aussi incisif qu'érudit aux origines de la question de «la table partagée» dans la République. Le philosophe communiste italien Antonio Gramsci notait déjà au début du siècle dernier que «la laïcité est la dernière des hérésies chrétiennes», d'où la symbolique du manger en commun. «Cette nation de citoyens d'une républiq

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