Les autorités russes ont franchi cette semaine une nouvelle étape dans le ferme tour de vis opéré ces derniers mois sur la société civile et les ONG. Mardi, des poursuites ont été engagées par le pouvoir contre l'ONG Golos, qui lutte contre la fraude électorale. Comme les autres principales ONG russes – Mémorial, Agora... – , Golos refuse de s'inscrire au registre des «agents de l'étranger», comme une nouvelle loi l'impose aux organisations qui participent à des «actions politiques» destinées à infléchir «l'opinion publique dans le but de modifier la politique gouvernementale» et qui reçoivent des financements étrangers.
Active depuis 2000, Golos («la voix», en russe) s'est fait particulièrement connaître ces deux dernières années en révélant les vastes fraudes électorales opérées au profit du camp de Vladimir Poutine lors des législatives de décembre 2011, puis de la présidentielle de mars 2012. L'ampleur des fraudes avait déclenché un vaste mouvement de contestation. Forte de son réseau de correspondants sur le territoire, Golos alimente une «carte des violations» en ligne pour chaque scrutin. Anastasia Ilicheva, chef de projet pour Golos à Moscou, explique la situation.
Qu’est-il reproché à Golos ?
L'année dernière, le gouvernement a fait passer une




