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Libération

En Roumanie, une longueur d’avance en matière de transparence

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Publié le 12/04/2013 à 22h26

«Si la France veut moraliser sa vie politique, nous sommes prêts a l'aider avec nos exemples de bonnes pratiques», ironise un ministre roumain. Car les mesures, débattues actuellement à Paris, existent depuis longtemps en Roumanie. Chaque année, les officiels roumains, du président de la République au moindre conseiller municipal, doivent actualiser sur le site des institutions leurs «déclarations de patrimoine et d'intérêts». La transparence doit être totale. Ainsi, on apprend que le président roumain, Traian Basescu, est propriétaire d'une Dacia Duster, que le gouverneur de la banque centrale a une quinzaine de comptes en banque allant d'un euro à des dizaines de milliers d'euros, ou que le plus riche parlementaire roumain, Gigi Becali, a prêté plusieurs millions d'euros au club de foot qu'il dirige, le Steaua Bucarest. Chaque année, au moment de la publication de ces déclarations, la presse fait ses choux gras des officiels qui se sont enrichis ou appauvris.

Les inspecteurs de l’Agence nationale pour l’intégrité épluchent ces déclarations. S’il existe un doute quant à leur véracité, ils s’adressent à la justice. Elle peut décider la saisie d’une partie des biens. Mais l’arme la plus redoutable reste la Direction anticorruption, un parquet financier spécialisé dans les enquêtes contre des élus soupçonnés de corruption. Dans ses rapports bisannuels sur la Roumanie, la Commission européenne salue régulièrement le travail de ce parquet, créé voici maintenant

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