Le procès d'Hosni Moubarak est à l'image de la transition démocratique égyptienne : interminable et donnant parfois l'impression d'être sans issue. Plus de deux ans après son éviction du pouvoir, le vieux raïs a comparu à nouveau devant les juges. Condamné à la prison à vie en 2012 pour son implication dans le meurtre de manifestants pendant la révolution, Hosni Moubarak, 84 ans, avait fait appel de cette décision et devait être rejugé mais ce second procès a aussitôt été renvoyé (lire ci-contre), samedi. Pour ceux qui l'ont fait tomber, révolutionnaires avides de démocratie et de liberté ou islamistes victimes de la répression, l'ancien président continue d'incarner le mal absolu. Mais ce n'est pas ou plus le sentiment de nombreux Egyptiens, qui, épuisés par les crises économique et politique, en viennent à regretter l'ancien régime.
Honneur. Casquette, chemise à carreaux, Karim Hussein, 25 ans, milite sur Internet. A première vue, rien ne distingue cet informaticien des activistes qui ont initié la révolution. C'est pourtant tout l'inverse. Le 26 janvier 2011, au lendemain du premier rassemblement, place Tahrir, il a créé la page Facebook «Ana asef ya rayes» («désolé monsieur le président»). Objectif : défendre l'honneur de Moubarak. Karim Hussein assure que personne ne l'y a incité et qu'il n'a jamais eu sa carte au Parti national démocratique (PND). «Il a sacrifié sa vie à servir son pays pendant soixante-deux ans, comme




