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Récit

La justice turque condamne le pianiste Fazil Say au silence

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Athée revendiqué, le musicien écope de dix mois avec sursis pour insultes à la religion via des tweets. L’UE s’inquiète de cette attaque contre les libertés.

Fazil Say le 9 février 2010 au Théâtre des Champs Elysées à Paris. (Photo Fred Dufour. AFP)
Publié le 15/04/2013 à 20h26

Dix mois pour «insulte aux valeurs religieuses d'une partie de la population» au travers de quelques tweets ricanant sur l'obscurantisme de l'islam ou citant des vers d'Omar Khayyam, grand poète persan du XIe siècle et inlassable pourfendeur des hypocrisies de la religion : «Vous dites que des flots de vin coulent au paradis/Est-ce que le paradis est une taverne ?/Vous dites qu'il y a au paradis deux houris pour chaque croyant/Est-ce que le paradis est un bordel ?» La condamnation de Fazil Say, 43 ans, est certes assortie du sursis, mais si le célèbre pianiste récidive pendant «une période probatoire de cinq ans», la condamnation sera exécutoire, s'ajoutant à la nouvelle peine.

Durement critiqué par l'UE, le verdict émis hier par un tribunal d'Istanbul reste comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de ce pianiste et compositeur contraint à un quasi-silence public depuis l'ouverture de cette procédure judiciaire, il y a un peu plus d'un an. Elle se fondait sur la plainte de trois particuliers s'estimant «blessés» par ces propos blasphématoires. Mais nul ne se faisait d'illusion. «C'est politique tout ça ; derrière il y a des gens de l'AKP [le parti issu du mouvement islamiste, au pouvoir depuis novembre 2002, ndlr]», affirmait en décembre à la chaîne privée CNN-Türk ce musicien qui n'hésitait pas à revendiquer publiquement son athéisme comme sa fidélité à une certaine idée de la laïcité et de la république fondée p

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