Sur cette langue de terre, entre montagnes et vallées, la Syrie n’est plus qu’un long doigt planté dans l’Irak. L’herbe est verte, le soleil radieux et ces deux pays se mêlent ici, d’autant plus intimement que, des deux côtés d’une frontière tracée par les Empires français et britannique aux lendemains de la Première Guerre mondiale, vivent uniquement des Kurdes, unis par une même langue et un long drame, celui d’un peuple persécuté et sans Etat, dispersé entre Iran, Syrie, Irak et Turquie.
Chaque jour, quelque sept cents réfugiés kurdes de Syrie arrivent donc au Kurdistan irakien, affluent vers le camp de Domiz et y étendent un village de tentes, bientôt un bourg où l’histoire, les relations internationales, les incessants progrès et reculs de la civilisation et la capacité de survie de l’espèce humaine se lisent à livre ouvert.
Si vous pensez que l’ONU ne sert à rien, demandez-vous ce que feraient ces familles démunies de tout sans le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR), qui leur fournit tentes, rations alimentaires et soins médicaux. Ici comme ailleurs, la solidarité internationale est tragiquement insuffisante mais elle existe, institutionnalisée par ce Parlement du monde que sont les Nations unies.
Si vous pensez que l’Union européenne n’existe pas, regardez le panneau où s’affichent les drapeaux des pays qui financent ce camp, et vous n’y verrez ni la France, ni l’Allemagne, ni l’Italie, mais l’Union à la bannière bleue qui fournit plus de 50 % de l’aid




