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En Chine, Hollande met la sourdine

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Le chef de l’Etat a décidé d’axer son premier voyage à Pékin sur la seule économie. Laissant les droits de l’homme aux oubliettes.

François Hollande le 24 avril 2013. (Photo Reuters)
Publié le 24/04/2013 à 21h36

Le pouvoir chinois réprime à tout va mais la France est jusqu'ici restée bien discrète. François Hollande, qui entame aujourd'hui sa première visite présidentielle en Chine, se démarquera-t-il de ses prédécesseurs en demandant publiquement à Pékin, par exemple, la libération du Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo ? La question mérite plus que jamais d'être posée, estime la sinologue Marie Holzman, car alors que la Chine devenait l'an dernier la seconde puissance économique du monde, «la situation des droits de l'homme a continué de s'aggraver de manière notoire». Les galanteries depuis longtemps adressées au régime à parti unique l'ont rendu plus sûr de son modèle autoritaire, dit-elle, «au point qu'aujourd'hui, celui-ci assume totalement le fait qu'il est une dictature pure et dure».

Démocrates, blogueurs, contestataires, pétitionnaires, journalistes, Tibétains, Ouïgours… la Chine incarcère des milliers de prisonniers politiques dans ses geôles ou dans ses camps de rééducation entre autres (Libération du 16 avril). Mais les autorités chinoises ont surtout le triste privilège d'être le seul pays au monde à détenir un Nobel, Liu Xiaobo, condamné à onze ans de prison pour «tentative de subversion du pouvoir de l'Etat», en décembre 2009. L'écrivain et philosophe de 57 ans s'est vu reprocher d'avoir demandé la liberté d'expression et une démocra

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