Le restaurant affiche complet ce vendredi soir. Il faudra patienter quelques instants pour voir une table se libérer. En ce jour chômé, les Afghans de Herat (ouest) sont de sortie. Alors que la majeure partie du pays se couche en même temps que le soleil, la deuxième ville la plus importante d'Afghanistan profite de la soirée. Le climat est agréable, la circulation fluide. Les forces afghanes sont discrètes. On croise quelques policiers postés aux différentes entrées de la ville, «le zèle du nouveau chef de la police nommé récemment», glisse un habitant.
Hormis cet indice, rien ne vient troubler l'étonnant sentiment de sécurité. Les attaques talibanes sont rares. L'an dernier, seuls 14 incidents ont été recensés à Herat. «Par rapport aux autres grandes villes, c'est très peu», confie une source sécuritaire. Et l'armée, en charge de la sécurité depuis deux ans, n'a pas subi d'attaque spectaculaire. «Qu'il n'y ait pas d'attaque ne signifie pas qu'il n'y a pas de groupes d'opposition armés. Chacun reste dans sa zone. La route de l'aéroport est régulièrement ciblée, mais les poches talibanes ne menacent pas la capitale provinciale», relate ce responsable de la sécurité.
Figure clé. L'ouest de l'Afghanistan constitue donc l'une des dernières bulles relativement sécurisée du pays. Herat le doit en partie à un homme : l'ancien chef de guerre et ex-gouverneur de la province Ismail Khan. Le «Lion de Herat», comme on le su




