Députée européenne de l'Adle (Alliance des démocrates et libéraux) Sylvie Goulard (notamment auteur avec Mario Monti de De la démocratie en Europe, Flammarion), analyse la rhétorique antigermanique en vigueur.
Que révèle cette polémique ?
La relation franco-allemande est un sujet trop grave pour être ainsi instrumentalisé. Si l’on veut bouger les lignes dans l’UE, cela me semble la pire manière de s’y prendre. La démagogie intérieure en tapant sur Berlin est contre-productive. La bonne méthode serait d’être plus présent sur le front européen, dans les institutions communes et le débat politique des autres Etats membres. Je n’ai guère vu de propositions concrètes et crédibles de la part de ceux qui critiquent l’austérité : quelles sont leurs solutions pour faire redémarrer la croissance dans une Europe vieillissante ? L’endettement atteint des niveaux problématiques. On ne peut pas faire comme si ce problème n’existait pas. Au-delà de la polémique partisane, la question centrale est celle d’une France qui n’a pas clarifié son rapport à l’Europe. Tous les partis français, l’UMP autant que le PS, sont traversés par des tensions entre pro et anti-européens. Comme le montre la crise actuelle, le maintien de l’euro implique de créer une nouvelle démocratie européenne. Mais aucun leader politique n’a le courage de dire clairement qu’un changement d’échelle est requis.
François Hollande est-il ambigu sur les questions européennes ?
Il y a effectivement une part d’ambiguïté. Mais il y a surtout, au sein de cette équipe, une profonde méconnaissance de l’Allemagne, même




