«Il y a eu l'explosion, puis des corps, une tête et des membres disloqués devant moi ; tout a pris feu et c'est là que les tueurs ont arrosé la foule de tirs» : les yeux cernés et le corps fatigué, Bashir Jan explique avec fatalisme avoir, cette fois, été «sauvé par son véhicule blindé». Presque une habitude : à 49 ans, c'est la cinquième fois qu'il réchappe à un attentat. Le 26 avril, ce candidat aux législatives et secrétaire général du Parti national Awami (ANP), une formation laïque, a été visé par une attaque à la bombe alors qu'il venait d'arriver sur les lieux d'un meeting politique dans sa ville, Karachi. Bilan parmi ses militants : 15 morts et 45 blessés.
Retranché depuis dans sa maison cachée au fond d'une ruelle dans le quartier d'Orangi Town, réputé pour sa violence, l'homme se sait en sursis : il figure sur la liste, établie par les talibans pakistanais du TTP, des personnalités à éliminer durant cette campagne. D'une attaque en 2010, il garde un morceau de bras artificiel, et un petit doigt figé. «Ils ne me laisseront probablement pas en vie», lâche-t-il à Libération, en fronçant ses sourcils broussailleux. Le candidat est désormais forcé d'enchaîner les activités de campagne dans sa maison, refuge de dizaines de partisans qui dorment dans toutes les pièces.
Skype. A Karachi, capitale économique du Pakistan, mais aussi dans le nord-ouest et au Baloutchistan (sud-ouest), des attentats ou ass




