Dans le pays le plus pauvre de l’Union européenne, où la crise a poussé cet hiver dans la rue des dizaines de milliers de manifestants, certains s’immolent de désespoir par le feu. D’autres, en cette fin de campagne pour les législatives anticipées du 12 mai, s’esclaffent devant le dernier scandale éclaboussant la scène politique, qui a eu lieu mi-avril dans la résidence même du Premier ministre démissionnaire, Boïko Borissov, dans un quartier chic de Sofia.
Il s'agit d'une rencontre entre le ministre sortant de l'Agriculture, Miroslav Naïdenov, le procureur de Sofia, Nikolaï Kokinov, que l'affaire a contraint à renoncer à sa charge, et l'ex-chef de gouvernement. Leur échange a été enregistré et des copies de la bande ont été distribuées aux médias. On se tutoie, on fume des cigares, on donne du «boss» à Borissov. Mais l'atmosphère est tendue. Les visiteurs se plaignent. Notamment le procureur qui n'a pas eu le poste promis de procureur général du pays et qui se dit harcelé : «Je vais mordre la poussière» précise-t-il ; quant à Naïdenov, lui, il aimerait savoir comment il pourrait échapper à des accusations de corruption, concernant apparemment des fonds européens. Le tout est accompagné de digressions vulgaires et homophobes sur diverses personnes. Pris la main dans le sac, les trois hommes n'ont pas nié. «Tout le monde pisse. Je voudrais savoir si c'est légal de poser des micros dans mes toilettes», s'est exclamé Borissov, alors que, sur la bande audio, o




