La moitié gauche de son visage est celui d’une jeune femme de 19 ans, l’autre n’a plus d’âge. Un visage ravagé à jamais par deux attaques à l’acide, la première quand Zaiwab Allah-Daad avait 12 ans, la seconde (en espérant qu’elle ne devienne jamais la deuxième) quand elle n’en avait pas 14. Mais un visage parfois illuminé par un joli sourire qui semble tant la surprendre qu’elle couvre alors sa bouche avec sa main.
Son œil droit, au pourtour agrandi par la brûlure, ne voit plus rien malgré sept opérations. Zaiwab en a subi au total dix-huit : à l’œil, mais aussi au cou, aux lèvres, sur le bras et la poitrine. L’acide est une arme comme une autre au Pakistan, pays à la gâchette facile. Un flacon de cet élixir de la mort coûte entre 10 et 15 roupies (dix centimes d’euros), moins qu’une bouteille d’eau. Quand il ne sert pas à trancher des conflits, familiaux le plus souvent, il est utilisé pour la culture du coton. Dans la campagne du Pendjab, d’où vient Zaiwab, toutes les familles en possèdent.
Zaiwab vit dans une maison anonyme d'un quartier excentré de la banlieue d'Islamabad, qui peut accueillir jusqu'à une vingtaine de victimes abritées par l'ONG Acid Survivors Foundation, créée en 2006 par une Française, Valérie Khan, et son époux, Mohammad. Le couple a déjà beaucoup œuvré pour la reconnaissance judiciaire des crimes à l'acide, et attend impatiemment le résultat de l'élection présidentielle du 11 mai pour savoir comment orienter la suite de son combat. Zaiwab ose désormais




