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L’Europe, une histoire d’amour déchu

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Une étude du Pew Research Center, publiée aujourd’hui, montre que pour la plupart des Européens l’UE serait responsable de tous leurs maux. Les Français seraient les plus amers.

Le drapeau européen. (Photo Regis Duvignau. Reuters)
ParLorraine Millot
Correspondante à Washington
Publié le 13/05/2013 à 22h06

Aforce de déprimer, les Français ressemblent maintenant aux Grecs, aux Italiens ou aux Espagnols. Ils sont désenchantés, dégoûtés de l'Europe et déçus de leurs dirigeants, tout comme les pays du Sud - qui ont pourtant bien plus souffert encore de la crise de l'euro. La France est le mouton noir de la dernière enquête sur les opinions publiques européennes publiée aujourd'hui par le très sérieux Pew Research Center, un institut américain qui, tous les ans, sonde et compare les points de vue des populations d'une quarantaine de pays. «La France en chute libre» titre l'étude européenne tirée de sondages effectués courant mars dans huit pays de l'Union européenne (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Pologne, République Tchèque, Espagne, Italie et Grèce).

«Aucun pays européen ne s'est découragé et désillusionné aussi vite que la France», observent les sondeurs du Pew, qui ont interrogé les Français autant sur leur situation économique que sur leur attachement au projet européen. En France, un nombre record de 91% des sondés jugent «mauvaise» la situation économique de leur pays. De plus en plus souvent, les Français aux revenus les plus bas s'avouent aussi en difficulté pour s'acheter de la nourriture, des vêtements ou payer leurs soins médicaux. Et, plus que jamais, ils font passer leur ressentiment sur l'Europe : cette année, 41% seulement des Français se disent encore favorables à l'Union européenne, contre 60% en 2012.

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