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Libération

Ennahda moins tolérant face aux salafistes

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Accusé de complaisance, le gouvernement augmente depuis peu la pression sur le groupe Ansar al-Charia.

ParElodie Auffray
(à Tunis)
Publié le 16/05/2013 à 20h26

Départs en Syrie, prosélytisme… les bras de fer se multiplient et n'en finissent plus de se durcir entre les jihadistes du groupe Ansar al-Charia et le gouvernement tunisien, dominé par les islamistes d'Ennahda. Longtemps silencieux sur le jihad en Syrie, Ennahda a fini par prendre ses distances : «Notre appui à la résistance syrienne est moral et politique, non combattant», a clarifié, mi-mars, son président, Rached Ghannouchi. Soupçonné d'en être le principal pourvoyeur, Ansar al-Charia lance désormais des appels à rester en Tunisie.

Dernier épisode de cette confrontation larvée : c'est autour des réunions publiques de la mouvance jihadiste que se cristallisent les tensions, sur fond d'escalade de la violence. Depuis fin avril, seize militaires et gendarmes ont été blessés par des mines artisanales, alors qu'ils poursuivaient des hommes armés sur le mont Chaambi, à la frontière de l'Algérie. Depuis plusieurs mois, les forces de sécurité échouent à attraper ces hommes, liés à Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi), selon les autorités, qui évoquent des connexions avec Ansar al-Charia. Le mouvement salafiste nie toute implication alors qu'aucun lien organique n'a été révélé. Mais opposition et société civile ont de nouveau pointé le «laxisme» du gouvernement, accusé d'avoir laissé prospérer la mouvance radicale, ses actions de prédication et de charité, les squats de mosquées ou les appels à la violence…

Déroutées, habituées au tout-répressif, les forces de pol

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