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Récit

Tunis se résout à affronter les salafistes

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Les ambiguïtés du parti majoritaire Ennahda face à l’islam radical ont fait place à une politique répressive.

Des membres d'Ansar al-Charia face à la police, à Tunis, dimanche. (Photo Anis Mili. Reuters)
ParElodie Auffray
Correspondante à Tunis
Publié le 21/05/2013 à 22h16, mis à jour le 22/05/2013 à 16h04

Est-ce vraiment la fin du «laxisme» longtemps dénoncé par l’opposition aux islamistes d’Ennahda au pouvoir envers les jihadistes ? Le dernier épisode de la confrontation larvée entre le gouvernement et Ansar al-Charia, tête de pont de la mouvance jihadiste dans le pays, laisse à penser que, cette fois, une inflexion durable a été prise. Toléré l’an passé, le meeting annuel des «Partisans de la charia» prévu dans la ville de Kairouan, qui n’a pas d’existence légale, a cette fois été interdit par le ministère de l’Intérieur, officiellement faute d’une déclaration en bonne et due forme, mais pointant aussi le langage guerrier employé à l’égard de la police. Jamais un dispositif sécuritaire aussi important n’avait été déployé pour faire respecter la décision.

Ansar al-Charia a préféré convoquer un rassemblement à la dernière minute cité Ettadhamen, quartier populaire de Tunis et bastion de l’islam radical. Vite dispersé, il a dégénéré, selon un scénario devenu habituel, en émeutes entre la police et les jeunes du quartier, des non-militants pour la plupart. L’un d’entre eux, un simple curieux selon sa famille, est mort par balle. Au total, ce week-end, 274 personnes ont été arrêtées, notamment Seifeddine Raïs, porte-parole de la mouvance. Un appel à manifester pour sa libération ce vendredi à Kairouan a été lancé.

«Enfants». Longtemps, la coalition au pouvoir, en particulier le parti majoritaire Ennahda, a entretenu l'ambiguïté. Ses militants

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