Est-ce vraiment la fin du «laxisme» longtemps dénoncé par l’opposition aux islamistes d’Ennahda au pouvoir envers les jihadistes ? Le dernier épisode de la confrontation larvée entre le gouvernement et Ansar al-Charia, tête de pont de la mouvance jihadiste dans le pays, laisse à penser que, cette fois, une inflexion durable a été prise. Toléré l’an passé, le meeting annuel des «Partisans de la charia» prévu dans la ville de Kairouan, qui n’a pas d’existence légale, a cette fois été interdit par le ministère de l’Intérieur, officiellement faute d’une déclaration en bonne et due forme, mais pointant aussi le langage guerrier employé à l’égard de la police. Jamais un dispositif sécuritaire aussi important n’avait été déployé pour faire respecter la décision.
Ansar al-Charia a préféré convoquer un rassemblement à la dernière minute cité Ettadhamen, quartier populaire de Tunis et bastion de l’islam radical. Vite dispersé, il a dégénéré, selon un scénario devenu habituel, en émeutes entre la police et les jeunes du quartier, des non-militants pour la plupart. L’un d’entre eux, un simple curieux selon sa famille, est mort par balle. Au total, ce week-end, 274 personnes ont été arrêtées, notamment Seifeddine Raïs, porte-parole de la mouvance. Un appel à manifester pour sa libération ce vendredi à Kairouan a été lancé.
«Enfants». Longtemps, la coalition au pouvoir, en particulier le parti majoritaire Ennahda, a entretenu l'ambiguïté. Ses militants




