Mohamed Benchicou, 63 ans, patron de presse, écrivain et journaliste, a publié en 2004 Bouteflika, une imposture algérienne, qui lui a valu de sérieux ennuis avec le pouvoir. Le journaliste, qui vit à Paris, signe des chroniques à TSA, le journal en ligne algérien, et également à Mediapart. Il revient pour Libération sur les scénarios d'un après-Bouteflika.
Pourquoi, selon vous, n’arrive-t-on pas à savoir ce qui se passe dans l’entourage du Président ?
Il s’agit d’une communication entièrement tenue par Saïd, son frère. Rien ne transpire, rien ne sort. C’est le silence. On ingère, pour expliquer l’Algérie, des schémas utilisés dans les démocraties occidentales. Mais l’Algérie n’est pas une démocratie. C’est une autocratie, et dans une autocratie il n’y a pas de transparence.
Pensez-vous que les Algériens attachés à la République sont amers devant cette fin de mandat qui tournerait au népotisme familial ?
Certainement, mais ce ne sont pas les hypothèses vers un plus de démocratie qui se dessinent. Je lis des propos, des schémas, des constructions, dont je doute de la réalisation, car nous ne sommes pas en état d’alternance. C’est un silence qui s’explique. Car le président n’est pas choisi par le peuple. Pourquoi devoir lui rendre des comptes ? C’est un jeu, un système, un groupe de décideurs qui propose un homme. Dès lors, pourquoi vouloir jouer la transparence ? On le voit chaque jour : le pouvoir et la population se tournent mutuellement le dos en Algérie. Je persiste sur mon idée, le peuple n’a rien à voir avec l’élection.
Que reprochez-vous surtout aux années Bouteflika?
Au-delà de mon cas personnel, c’est d’avoir déconstruit l’économie. Un travail patient, acharné, qui a consisté à tout mettre à bas. De s’être totalement reposé




