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Critique

Jusqu’où ira l’homme ?

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Le philosophe Rémi Brague tente de démontrer que sans Dieu il ne peut y avoir d’authentique humanisme

Publié le 29/05/2013 à 19h06

Longtemps, l'humanisme athée sembla aller de soi dans la culture occidentale, héritière proclamée de la Renaissance et des Lumières. L'homme y était maître de la nature sur fond de foi dans le progrès. Si le discours humaniste tient à nouveau le devant de la scène depuis l'effondrement des idéologies et du grand rêve révolutionnaire du XXe siècle, il tourne désormais à vide. «Ce que nous comprenons aujourd'hui par humanisme n'est pas une affirmation, mais la négation d'une possible négation», écrit Rémi Brague, soulignant que «notre humanisme n'est au fond rien de plus qu'un anti-antihumanisme». Un constat qui est aussi celui du philosophe et sociologue britannique John N. Gray, qu'il cite volontiers : «Nos cultures sont des cultures des Lumières non par conviction mais par défaut.»

Aujourd'hui, jamais l'homme n'a, en tant que tel, semblé aussi menacé dans son existence - pollution, armes de destruction massives, etc. - comme dans son rôle, par la toute-puissance de la technologie. Comment justifier la légitimité de l'homme alors qu'il est de plus en plus remis en question par des courants de pensée qui le voient comme une espèce parmi d'autres, voire une menace globale pour la vie sur terre ? Dans ce livre dense, Rémi Brague, professeur de philosophie médiévale, catholique assumé et grand admirateur du théologien et ex-pape Joseph Ratzinger, tente de démontrer qu'il ne peut y avoir de véritable humanisme sans Dieu. Le propre de l'homme r

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