Son français est parfait, mais il a un instant hésité sur l'adjectif : «Terrifiante, oui, une situation terrifiante.» Pour le Brésilien Paulo Sérgio Pinheiro, haut diplomate de l'ONU et président de la commission d'enquête sur les violations des droits de l'homme en Syrie, «le niveau des violences a considérablement empiré, mêlant sectarisme croissant, radicalisation et escalade dans les crimes». Il remettra son rapport le 4 juin au Conseil de sécurité. Ce sera le cinquième rédigé par cette commission internationale et indépendante, créée en 2011 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
Mercredi soir, à l’issue d’une audition à huis clos devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée, le diplomate s’est entretenu avec quatre journalistes. Les 24 membres de la commission n’ont pas pu se rendre directement sur le sol syrien mais, via Skype et par des entretiens systématiques avec des rescapés et des témoins, ces juristes expérimentés ont recueilli de nombreux éléments précis - y compris de lourdes présomptions d’utilisation ponctuelle d’armes chimiques -, même s’ils n’ont pas voulu en donner les détails avant leur compte rendu, au début de la semaine prochaine, devant le Conseil de sécurité.
Atrocités. «Ce sont des crimes d'une cruauté incroyable. Je n'ai jamais vu ça, même en Bosnie», assure Carla Del Ponte, ancienne procureure générale du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, qui




