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Erdogan, l’ego du bâtisseur

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Les projets quasi pharaoniques de l’islamo-conservateur attisent les inquiétudes des laïques.

Recep Tayyip Erdogan, en mars. (Photo Reuters. )
Publié le 02/06/2013 à 22h07

Le plus grandiose des projets pharaoniques pour Istanbul - voire «le plus fou», pour reprendre les mots du Premier ministre islamo-conservateur turc et ex-maire de la métropole du Bosphore, Recep Tayyip Erdogan - est assurément celui de «Kanal Istanbul». Prévue pour 2023, et le centième anniversaire de la République, cette voie d'eau de 150 mètres de large et 40 de profondeur, longue d'une cinquantaine de kilomètres, devrait doubler le Bosphore à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de la ville, dont la partie européenne deviendrait ainsi une île.

Déjà lancés ou encore sur le papier, ces projets traduisent pour le futur une vision très politique de cette gigantesque agglomération d'au moins 17 millions d'habitants. Le plus concret, le plus absurde et le plus lourdement symbolique des grands travaux lancés par l'AKP d'Erdogan est le réaménagement de la place Taksim, cœur de l'Istanbul européenne et haut- lieu de toutes les manifestations de la société civile et notamment de la gauche. «C'est un projet aussi inutile qu'impopulaire, qui vise uniquement à inscrire de façon indélébile dans le tissu de la cité et dans un lieu symbole de la modernité républicaine le pouvoir de l'homme fort du pays», analyse Kadri Gürsel, éditorialiste du grand quotidien Milliyet (centre gauche).

Mall. La défense des 600 arbres du parc de Gezi, bordant la place, a mis le feu aux poudres. La mobilisation contre ce projet dure depuis bi

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