Ils sont quelques milliers tout au plus, en ce dimanche après-midi, campant sous une pluie fine sur la place Taksim, «libérée» après deux jours d'affrontements violents avec la police. Sur décision du gouvernement turc, les forces de l'ordre ont finalement évacué les lieux samedi après-midi. Des manifestants aident les éboueurs à ramasser morceaux de métal, bouteilles cassées, cartouches de gaz et débris qui témoignent de l'intensité des échauffourées. Aux issues de la place, les barricades de bric et de broc ont été enlevées. Il reste les banderoles : «Ici, c'est la place Tahrir d'Istanbul» ; «Gouvernement démission». Partout des graffitis «Tayyip va-t'en», visant le Premier ministre islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, homme fort du pays depuis novembre 2002 dont l'arrogance a cristallisé la révolte. «Taksim est partout, la résistance est partout», scandent des manifestants. «C'est le début de la fin pour Erdogan», veut croire Iskender Goksu, 34 ans, artiste aux cheveux longs et au visage creusé par quatre jours de veille. «Nous avons gagné une bataille mais pas encore la guerre», soupire-t-il, ajoutant dans un éclat de rire que «ce n'est pas avec du gaz et des canons à eau qu'Erdogan peut résoudre un problème d'urbanisme qui est devenu un problème politique».
Passer en force. Un tel mouvement c'est du jamais-vu à Istanbul. Par milliers des jeunes ont affronté pendant




