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Libération
Récit

WikiLeaks : le crime pour l’humanité du GI Manning

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Le procès du jeune soldat à l’origine des fuites sur les dérives de l’armée américaine en Irak débute aujourd’hui. Il risque la perpétuité.

L'ombre d'un grillage sur une banderole en soutien à Bradley Manning, samedi à Fort Meade. (Photo Jonathan Ernst. Reuters)
ParLorraine Millot
Correspondante à Washington
Publié le 02/06/2013 à 20h56

Il est «combatif» et «désireux d'expliquer ce qu'il a fait» : Bradley Manning aborde son procès dans un esprit «patriote» et «résolu», assurent ses défenseurs. Le frêle soldat de 25 ans, poursuivi pour la fuite de documents confidentiels la plus massive de l'histoire de l'armée américaine, risque la prison à perpétuité à l'issue du procès qui doit s'ouvrir aujourd'hui sur la base militaire de Fort Meade, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Washington. L'armée et le gouvernement américains le considèrent comme un des plus grands traîtres de tous les temps, l'accusant d'avoir non seulement remis au site WikiLeaks des centaines de milliers de fichiers confidentiels, mais d'avoir ainsi fait «collusion avec l'ennemi».

Les procureurs militaires ont prévu de faire défiler une centaine de témoins pour prouver les dégâts et les risques que cette mégafuite a fait subir à la sécurité nationale des Etats-Unis. Pour ses défenseurs, nombreux sur Internet mais à peine un millier ce week-end devant la base de Fort Meade, Bradley Manning est au contraire un «héros» , qui a risqué toute sa carrière militaire et même sa vie pour révéler au monde quelques-unes des facettes scandaleuses, et contre-productives, de la guerre américaine contre le «terrorisme». Le procès devrait durer plusieurs semaines devant une cour militaire qui siégera tantôt en public, tantôt à huis clos. «Il a le moral, assure l'ancien marine J

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