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Turquie : la rue veut la tête d’Erdogan

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Contestation . Le Premier ministre, jugé arrogant par les manifestants, cristallise le mécontentement.

ParMarc Semo
De notre envoyé spécial à Istanbul
Publié le 04/06/2013 à 21h26

C'est un graffiti parmi des dizaines d'autres qui fleurissent autour de la place Taksim d'Istanbul et il résume l'état d'esprit de tout un mouvement : «Tu ne peux pas gagner, mon frère, si tu ne joues pas.» La contestation arrivée en son cinquième jour se durcit, exigeant avec toujours plus d'insistance la démission de Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre islamo-conservateur depuis dix ans au pouvoir, dont l'arrogance exaspère une partie croissante de la population. Chaque soir convergent vers Taksim, «libérée» depuis l'évacuation de la police samedi après-midi, des milliers de manifestants munis de drapeaux turcs puis, dans la nuit, commencent les échauffourées entre police et petits groupes de protestataires mobiles et déterminés.

Casseroles. Les manifestations se sont étendues pour la troisième journée consécutive à la capitale Ankara mais aussi à Izmir, à l'ouest, ultime bastion urbain de la gauche laïque, ou Adana au sud, comme dans des petites villes. Chaque soir, à 21 heures, démarrent des concerts de casseroles sur les balcons des beaux quartiers des classes moyennes occidentalisées d'Istanbul ou d'Ankara. Les drapeaux aux couleurs nationales flottent au vent. Les«Tayyip démission» fusent. «L'heure est venue de renvoyer Erdogan dans les limbes de l'histoire», crie une femme sur le porche de son immeuble à Cihangir, cœur de la bobotude stambouliote. Un voisin ironise : «On ne peut être plus

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