En décembre, la Bundesnachrichtendienst (BND, l'agence de renseignement allemande), par la voix de son directeur, Gerhard Schindler, faisait savoir que le régime de Bachar al-Assad approchait de sa «phase finale», et s'effondrerait probablement cette année. A peu près à la même époque, Robert Ford, l'ancien ambassadeur des Etats-Unis en Syrie et, selon ses pairs, «le meilleur arabisant du Département d'Etat», confiait que le règne de Bachar al-Assad s'achèverait bientôt, peut-être même avant Noël. Parmi les raisons de cette défaite annoncée, une progression sensible sur le terrain de l'opposition, une meilleure coordination des rebelles et, du côté des forces loyalistes, un approvisionnement en armes, munitions et carburant de plus en plus incertain et une multiplication des désertions, en particulier parmi les officiers. Cinq mois plus tard, c'est une analyse très différente que fait la BND. Désormais, c'est le régime qui engrange des succès militaires et l'opposition qui se trouve en difficulté. Un constat partagé par nombre d'observateurs et qui devrait peser sur l'éventuelle conférence internationale, dite Genève 2, que s'efforcent de mettre sur pied la Russie et les pays occidentaux. Cinq raisons majeures expliquent ce bouleversement.
1. L’entrée en lice du Hezbollah
C'est grâce à l'arrivée massive de combattants bien entraînés, bien armés et très disciplinés, prêts à se battre jusqu'à leur dernier souffle, de la mi




