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Récit

Espionnage : les Etats-Unis prennent des libertés en ligne

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Le «Guardian» et le «Washington Post» révèlent que la NSA collecte des données privées fournies par le réseau de téléphonie Verizon ainsi que par Google, Facebook, Apple et consorts.

L’Agence nationale de sécurité (NSA) est chargée du renseignement électromagnétique aux Etats-Unis. (Photo Reuters)
ParLorraine Millot
Correspondante à Washington
Publié le 07/06/2013 à 22h46

Les preuves sont là, et même en couleur et graphiques, comme un ABC de l'espionnage pour les nuls : depuis 2007 au moins, la très secrète National Security Agency (NSA ou Agence nationale de sécurité), chargée du renseignement électromagnétique aux Etats-Unis, collecte directement toutes les données qui l'intéressent sur les serveurs des géants américains d'Internet, révèlent des documents internes confidentiels publiés par le Washington Post et le Guardian.

Les deux quotidiens, américain et britannique, se sont notamment procuré un manuel (41 fiches destinées à être projetées aux apprentis espions) détaillant comment la NSA peut piocher dans les serveurs d’au moins sept grandes entreprises d’Internet pour y extraire tous les fichiers, mails, vidéos, photos ou sons de son choix. Microsoft a été le premier à rejoindre en 2007 ce programme, appelé «Prism» (une allusion savante à un procédé d’optique qui permet de décomposer la lumière), suivi par Yahoo en 2008, Google, Facebook et Paltalk en 2009, YouTube en 2010, Skype et AOL en 2011 puis Apple en octobre, indique une des fiches de la NSA.

«La plupart des communications mondiales transitent par les Etats-Unis», poursuit une autre, expliquant aux agents de la NSA que les communications de leurs «cibles» ont de bonnes chances de passer par le territoire américain, même si elles n'y résident pas. «L'appel téléphonique, le mail ou le tchat d'une cible prendra le chemin le moins cher, pas le p

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