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Libération
EDITORIAL

Emoi

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Publié le 12/06/2013 à 23h06

Il y a d’abord la violence, celle de l’écran noir et de 2700 salariés jetés à la rue en pleine nuit. La violence d’une télévision publique éteinte sur une simple décision politique, prise en secret et exécutée comme par des généraux putschistes. L’émoi du peuple grec, qui a gagné toute l’Europe, est à la hauteur d’un acte peu digne d’une démocratie. Et il est légitime à demander où a été fait le choix d’une telle brutalité…

La responsabilité d’Antonis Samaras est entière. Car c’est bien le Premier ministre grec qui a tranché, sans même en informer les partenaires de sa coalition gouvernementale. C’est lui qui a pris le risque de réveiller la colère de son peuple avec autant d’arrière-pensées politiciennes qu’une réelle volonté de rigueur financière. Samaras, qui depuis des mois est incapable de mettre en œuvre les réformes promises, qui n’a convaincu aucun investisseur pour réussir les privatisations auxquelles il s’était engagé est désormais face à ses responsabilités. Mais celles-ci ne peuvent exonérer la troïka, les créanciers de la Grèce. S’il est peu probable que la Commission européenne ait ouvertement demandé la fermeture de la télévision et de la radio publiques, la politique d’austérité obtuse imposée à la Grèce en est une des causes. L’affaire de ERT doit permettre aux Européens de mesurer la menace que constitue cette austérité aveugle sur leurs services publics. La prise de conscience esquissée au FMI et par José Manuel Barroso, le président de la Commission europ

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