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Interview

«L'Iran n'a pas pris la décision de passer de l’uranium à la bombe»

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Le député travailliste israélien Nahman Shai analyse les enjeux de l'élection présidentielle iranienne vue de l'Etat hébreu.

Publié le 14/06/2013 à 10h21

Nahman Shai, qui fut journaliste puis porte-parole de l’armée israélienne, est aujourd’hui député travailliste, donc dans l’opposition au gouvernement Netanyahou. Et il est membre du comité de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset. Au cœur des questions de sécurité pour Israël.

Qu’attendez-vous des élections qui se déroulent ce vendredi en Iran ?

Rien, mais on peut toujours être surpris. Rien, quel que soit le président élu, il devra de toute façon obéir aux ordres de l’ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême. L’Iran n’est pas une démocratie, certes le président joue un rôle, mais il n’est pas le numéro 1 dans la hiérarchie des institutions. C’est un système totalement centralisé, il n’y a qu’une seule personne qui décide, et c’est Khamenei. Même Mahmoud Ahmanidejad n’avait pas autant de pouvoir qu’on le croyait, ou, surtout, qu’il voulait faire croire à l’étranger. Ahmanidejad restait sous l’autorité de Khamenei, tout part de lui.

Aucun changement possible ?

On n’a aucune illusion. Tant que Khamenei veut continuer son programme nucléaire, il n’y aura pas de changement. Et il n’est pas très vieux. Par ailleurs il a empêché les candidats d’opposition de se présenter. Dans le temps, on avait été très optimiste quand une opposition intérieure s’était développée en 2009. Cela semblait très encourageant, le peuple pouvait enfin reprendre un pouvoir politique. Et puis le mouvement est retombé, les Gardiens de la révolution islamique ont repris le contrôle.

Et si le candidat plus centriste, Hassan Rohani, l’emporte ? L’Iran peut-il changer sa stratégie nucléaire ?

Je ne veux pas nier totalement le rôle du président futur, mais ce ne sera pas lui qui prendra les décisions i

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