Les slogans sont comme d'habitude arrivés la veille au soir du siège central du parti. «Ils sont sur la démocratie, car le dernier mot doit toujours revenir au peuple», martèle Ozgur, technicien informatique et militant de l'AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002. Bastion islamiste de la banlieue d'Istanbul, Bagcilar est mobilisé pour le grand meeting du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan. «Tu nous demandes de venir, nous sommes venus» ou «Erdogan maître des maîtres», clament les banderoles tout à sa gloire. Officiellement, il s'agit de lancer la campagne pour les élections municipales de mars 2014. Conspué par les contestataires de Taksim depuis quinze jours, le leader de l'AKP, vainqueur des élections en 2002, 2007 et 2011, veut montrer que la majorité silencieuse le soutient toujours en mobilisant par dizaines de milliers ses partisans dans la rue. Samedi, c'était près d'Ankara, et hier dans une périphérie de la mégalopole du Bosphore.
«Nous sommes ouverts aux revendications sur l'environnement, et le Premier ministre a fait des gestes d'ouverture, mais nous ne pouvons accepter les voyous et les violences», assène dans une langue de bois bien rodée Ismet Ozturk, président de l'AKP à Bagcilar qui, avec ses 750 000 habitants, est le plus peuplé des districts municipaux du «Grand Istanbul» (au moins 15 millions d'habitants). Géré depuis dix-neuf ans par les islamistes, comme le reste de la mégalopole, cet ancien quarti




