Sa couleur de campagne, le violet, ses jeunes partisans la portent sous la forme d’un lacet noué à leur poignet. Pourtant, c’est plutôt la couleur verte qui était à l’honneur samedi, lorsque des centaines de milliers d’Iraniens ont déferlé dans les rues de Téhéran et d’autres villes de province à l’annonce de la victoire, dès le premier tour, du conservateur modéré Hassan Rohani à l’élection présidentielle de la veille.
Le vert, celui des drapeaux et des calicots, c’était la couleur du candidat réformiste Mir Hossein Moussavi, battu par Mahmoud Ahmadinejad à l’élection présidentielle de 2009 grâce à une fraude massive. La victoire de Rohani apparaît donc comme l’addition des voix des partisans de Moussavi, de celles des conservateurs modérés, inquiets par le radicalisme des autres candidats, de celles aussi des partisans des anciens présidents Ali Akbar Hachémi Rafsandjani et Mohammad Khatami, qui avaient appelé à voter pour le candidat modéré. De celles, enfin, des Iraniens qui ont vécu les deux mandats du président sortant comme une catastrophe avec une économie exsangue à cause de sa mauvaise gouvernance et un discours à ce point belliqueux, notamment en niant la Shoah, qu’il a complètement isolé le pays du reste de la communauté internationale.
Rupture. Ce qui frappait avant tout samedi soir, c'était la joie éclatante et spontanée de la jeunesse des grandes villes à l'annonce de la victoire de leur candidat. Les slogans scandés par des




