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Portrait

Rohani, symbole de l’opposition malgré lui

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Le nouveau président, homme du sérail, n’est ni un réformiste ni un traditionaliste.

Le 16 juin 2013 à Téhéran, le président iranien élu Hassan Rohani s'adresse à la presse après une visite au mausolée de Khomeini. (Photo Fars News. Reuters)
ParJean-Pierre Perrin
Envoyé spécial à Téhéran
Publié le 16/06/2013 à 22h53

Ce sera le premier test de sincérité pour Hassan Rohani et une indication de sa puissance de feu : va-t-il faire libérer Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, les deux leaders réformistes, candidats malheureux au scrutin présidentiel de 2009 qui a vu l'élection contestée de Mahmoud Ahmadinejad ? C'est ce que va lui demander avec insistance une large partie de la jeunesse qui a voté pour lui. Pendant sa campagne, Rohani a été à ce sujet d'une extrême prudence. S'il a répété au cours de ses meetings qu'il fallait «libérer tous les prisonniers politiques», il s'est gardé de prononcer les noms des deux hommes, véritables symboles pour l'opposition iranienne et bêtes noires du régime.

Une prudence de chat qui est dans la manière du personnage, conservateur, oui, mais modéré, partisan du nucléaire, oui mais aussi de souplesse dans les négociations. Mais sur le sujet des deux leaders placés en résidence surveillée depuis 2011, l'attente d'une large partie des électeurs est immense. Un slogan lancé samedi soir dans les rues de Téhéran traduit bien cette ambiguïté : «Le violet [sa couleur de campagne, ndlr], c'est le vert ensanglanté [en référence à la révolution verte de 2009] Tout comme cet autre commentaire, très ironique, sur Facebook, de Ali Kolahi : «Votre couleur violette, c'est le corps de millions d'Iraniens qui était vert mais qui a tellement été battu qu'il est devenu violet. J'espère que vous serez reconnaissants de notre vote et

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