Actuellement, la capitale autrichienne dépense des millions d’euros pour repeindre en vert ses pistes cyclables. Maria Vassilakou, l’adjointe aux Transports, est écolo. Grâce à la hausse de son score, lors des élections municipales de 2010, elle a privé les socialistes de majorité absolue et leur a arraché ce poste stratégique. Et manifestement, elle tient à marquer son territoire. A l’époque, voir une migrante grecque, féministe et portant volontiers un blouson de cuir, sermonner dans son fort accent les fachos et damer le pion aux apparatchiks, avait suscité l’étonnement et la complaisance des élites politiques et des médias. C’est Vienne, disait-on dans la capitale, les choses sont différentes. Mais le phénomène semble durable. Cette année encore, des femmes des Grünen, le parti écolo, jeunes et très bien implantées localement, sont arrivées pour la première fois en tête des régionales à Salzbourg et à Innsbruck, deux villes de province, remportant les suffrages d’un électeur sur quatre.
Le 12 juin, le parti fondé en 1993 devait faire sa première entrée au gouvernement régional de Salzbourg. Désormais, plus personne ne ricane. Etonnante Autriche, qui se pique d'écologie alors que l'économie a enchaîné son quatrième trimestre de stagnation et qu'ailleurs en Europe, les extrêmes tirent leurs marrons du feu. «Les Verts ont gagné une confiance durable en révélant les divers scandales de corruption» qui ont sali l'image de la gauche et de la droite au pouvoir, analyse




