Traumatismes de guerre, omniprésence des brigades, faiblesse de l’Etat, rivalités régionales, racisme… Ces maux de la Libye post-Kadhafi sonnent comme autant de coups infligés aux Tawarghas, qui ont décidé de repousser leur retour. Début mai, le Conseil des anciens avait demandé aux 42 000 habitants de la ville de Tawargha, située à environ 40 kilomètres au sud de Misrata, de rentrer chez eux aujourd’hui. Mais dimanche, les responsables ont finalement décidé d’ajourner ce voyage, pourtant espéré depuis leur exil forcé, il y a près de deux ans.
Le 11 août 2011, les révolutionnaires de Misrata entrent dans Tawargha. Ils brûlent les bâtiments, transformant la cité en ville-fantôme. Une expédition punitive contre les résidents qui ont soutenu l’armée lors du siège de Misrata (de février à mai 2011). Les Misratis accusent les hommes de viols et de meurtres. Depuis, cette population - perçue par le reste des Libyens comme descendant d’esclaves africains - vit dans des camps à Tripoli, Benghazi et Syrte.
Préfabriqués. Sueur, nourriture et excréments, c'est cette odeur âcre, amplifiée par la chaleur, qui accueille les visiteurs. Sur la route de l'aéroport de Tripoli, 300 familles vivent dans les préfabriqués d'un ancien chantier turc pas toujours pourvus en eau courante. Dans un de ces bâtiments temporaires, au milieu du couloir donnant sur la vingtaine de chambres, la jeune Modam, 17 ans, plante le décor : «On est onze dans ma famille et on s




