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Libération
Reportage

Les «athées» de Dacca sous la menace islamiste

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Au Bangladesh, des blogueurs laïcs sont accusés de blasphème et menacés de mort. Ils dénoncent une manipulation.

ParMichel Henry
Envoyé spécial à Dacca
Publié le 27/06/2013 à 20h16

Gaillard affable et dégingandé de 36 ans, Rasel Pavez incarne à son corps défendant les paradoxes du Bangladesh. Blogueur depuis 2005, laïc opposé à l’intrusion des religions dans la sphère politique, il a passé, ce printemps, six semaines en prison. Ce prof de physique à Dacca y a perdu son emploi et ne comprend pas ce qui lui arrive : c’est un gouvernement du Bangladesh a priori aussi laïc que lui qui l’a jeté derrière les barreaux. Hier, un tribunal de Dacca a fixé au 25 août la date de l’audience où d’éventuelles poursuites pour blasphème à l’islam seront discutées.

«Je ne crois pas aux religions. Je crois à la science», dit ce père de deux enfants qui a étudié dans le Connecticut et se veut rationaliste «sceptique». Il estime «futile de discuter de science avec ceux qui sont totalement soumis aux écritures religieuses». Et si des islamistes «soutiennent par exemple que la religion hindoue fait des femmes des "putes", ils doivent accepter qu'en retour, certains leur rétorquent que "Mahomet est un pédophile"», écrit-il sur son blog. Il n'est ni activiste ni militant politique, il croit simplement qu'on peut changer la société bangladaise, toujours divisée par la guerre de libération de 1971 et ses exactions, souvent commises par des islamistes. «On porte tous le poids de ce génocide jamais résolu - un peu comme la collaboration en France», affirme un professeur d'université.

«Pendez-les !» Ce

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