Plus que douze jours, plus que onze jours, plus que huit jours… Sur les écrans de télévision, le compte à rebours égrène depuis des semaines le temps qu’il reste avant le jour J, celui de l’entrée de la Croatie dans l’Union européenne. A Zagreb, l’immeuble qui abritera la représentation de l’Union européenne, qui, lundi, comptera donc 28 et non plus 27 membres, achève sa mue. La petite place où il est situé, presque au pied de la cathédrale, vient d’être repavée. Elle n’attend plus que l’inauguration des étoiles européennes. Et la fête prévue dimanche, plutôt modeste en ces temps de rigueur, à quelques pas de là, sur la place Ban-Jelacic, celle qui avait vu la Croatie célébrer son accession à l’indépendance en 1991. Comme il y a vingt ans, des feux d’artifice illumineront le ciel au-dessus de Zagreb. Mais le cœur n’y est pas.
Mitteleuropa. On se congratule peut-être même davantage à Bruxelles, où on se plaît à constater que l'UE, malgré la crise, constitue toujours une force d'attraction et que, en dépit de la prétendue fatigue des élargissements, elle continue à s'agrandir vers l'Est. Pour l'opinion croate, la marche a été longue, trop longue. En 1991, la plupart des Croates pensaient que la fin du mariage forcé avec Belgrade et l'ex-Yougoslavie les arracherait à ces Balkans troublés auxquels ils étaient convaincus de ne pas appartenir, pour les rattacher à l'Europe centrale, la Mitteleuropa, «cette Europe bien élevée» dont une




