«Pour trouver une aiguille dans une botte de foin, il faut une botte de foin», aimait à rappeler Jeremy Bash, un temps directeur de cabinet de l'ancien chef de la CIA Leon Panetta. Selon l'hebdomadaire Der Spiegel de cette semaine, l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) aurait vu grand en termes de botte de foin en espionnant systématiquement les institutions européennes dans le cadre du programme de sécurité Prism. Edward Snowden, l'ancien collaborateur de la NSA actuellement en fuite et coincé dans la zone de transit de l'aéroport de Moscou, avait fait état le mois dernier des programmes de surveillance des télécommunications menés à grande échelle par les Etats-Unis. Mais les révélations du Spiegel provoquent la colère des responsables européens et surtout des Allemands : la République fédérale était en tête du classement des pays européens espionnés.
Selon le journal, qui a eu accès à un dossier «strictement confidentiel», la NSA surveillait les institutions européennes à Bruxelles ainsi que la représentation diplomatique de l'UE à Washington. Le document, daté de septembre 2010, classe l'Union dans la catégorie des «cibles à attaquer». «Il y a cinq ans, les services de sécurité européens ont constaté l'existence d'un système d'écoutes et d'espionnage sur le bâtiment Justus-Lipsius, siège du Conseil de l'UE, qui remontait jusqu'au QG de l'Otan [dans la banlieue de Bruxelles, ndlr]», écrit le<




