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Interview

«L’armée semble sur le qui-vive»

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Opposants, Frères musulmans, militaires… le politologue Youssef el-Chazli analyse la situation du pays :

ParMarwan Chahine
(au Caire)
Publié le 30/06/2013 à 22h16

Youssef el-Chazli est chercheur au Centre de recherche sur l’action politique de l’Université de Lausanne (1).

Qui sont ceux qui manifestent actuellement contre le pouvoir ?

Il y a de tout dans ces manifestations, et c’est bien là tout l’intérêt de la mobilisation. L’appel à manifester a été lancé par une campagne du nom de Tamarod («rébellion»). Si les porte-parole ont eu tendance à la présenter comme une initiative d’individus sans appartenance politique, les premiers cercles d’activistes concernés sont issus des principaux groupes révolutionnaires. Mais la campagne a réussi à brasser très large avec un discours fédérateur visant un ennemi principal, une communication sur les réseaux sociaux virtuels et des actions de rue. Le groupe revendique plus de 22 millions de signataires à la pétition appelant à destituer Mohamed Morsi. Ce n’est pas vérifiable, mais l’annonce est en soi un coup politique. Tamarod n’a pas de commandement central, mais fonctionne plutôt selon une logique décentralisée. C’est sans doute là une des forces de ce mouvement capable de véhiculer un discours accessible au plus grand nombre tout en se greffant sur des logiques locales.

Quelles sont leurs revendications ?

Dans les grandes lignes, les organisateurs du «30 Juin» appellent à faire chuter le régime des Frères musulmans pour continuer la révolution, dont les objectifs («Pain, liberté, justice sociale, dignité humaine»), selon eux, n’ont pas été atteints. Même si l’on admet que les manifestants s’accordent sur une solution commune, les raisons de leur mobilisation, leurs justifications et ce qu’ils

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