L’entrée dans l’Europe a longtemps été le rêve partagé, pour des raisons différentes, de l’élite nationaliste croate au pouvoir pendant plus de dix ans, et de la société civile, aspirant à une vie normale dans un Etat de droit. Dans la dernière phase des négociations avec l’Union européenne, les ONG ont surveillé le développement de la réforme judiciaire en émettant 112 recommandations. Parmi les 77 ONG regroupées dans cette Plate-forme 112 se trouve le Comité des droits de l’homme de Zagreb. Son président, Zoran Pusic
(photo DR)
, explique à
Libération
le chemin parcouru par son pays
Rejoindre l’Europe a été pour la Croatie un parcours du combattant. Comment la société civile s’est-elle développée dans un pays en guerre ?
En 1991, quand nous avons créé le comité des droits de l’homme, nous pensions que l’adhésion à l’UE était une question d’importance vitale pour la Croatie. Nous vivions une guerre que nous croyions appartenir à une période révolue, une guerre entre voisins comme en 1941. Elus, les dirigeants de Croatie et de Serbie, Franjo Tudjman et Slobodan Milosevic, ont conduit leurs partisans à la guerre. L’entrée dans l’UE nous paraissait alors une garantie de paix dans la région. J’ai d’abord milité pour qu’on rende son nom à la Place des Victimes du fascisme rebaptisée la Place des Grands hommes. Parce que si les victimes du fascisme dérangeaient quelqu’un, c’est parce que ce quelqu’un voulait réhabiliter le fascisme. Je trouvais cela dangereux et choquant.
Comment avez-vous orienté votre action ?
J’ai créé le comité civique des droits de l’homme. Les premiers qui se sont adressés à nous sont les Serbes, car les institutions de l’




