[Cet article est paru dans l'édition du 3 juillet de Libération. Il a été rédigé avant que le général Abdul Fatah al-Sissi écarte le président Morsi du pouvoir, suspende la constitution et annonce une élection présidentielle anticipée.]
«Sissi». Voilà deux jours que son nom est scandé à tue-tête par la foule de Tahrir, qui le voit déjà président. Sissi est encore le général Abdul Fatah al-Sissi, ministre de la Défense, chef des armées et président du Conseil suprême des forces armées (CSFA), mais apparaît en effet le mieux placé pour prendre les rênes du pouvoir, au moins provisoirement, si l'armée s'engageait vraiment dans un coup de force.
Agé de 58 ans, ce Cairote, diplômé de l'académie militaire égyptienne en 1977, fait partie de cette génération d'officiers qui n'a pas participé aux guerres de 1967 et 1973 contre Israël. Après des débuts dans l'infanterie, il a été tour à tour attaché militaire à l'ambassade d'Egypte en Arabie Saoudite, commandant en chef de la zone nord d'Alexandrie, et enfin directeur du renseignement militaire. Au cours de sa carrière, il a fait plusieurs années d'études en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis et le journal de gauche Tahrir croit savoir qu'il entretient des relations diplomatiques et militaires privilégiées avec l'allié américain.
«Pratiquant». En 2011, il est de




