Dans la nuit du 28 au 29 mai, une centaine de policiers italiens encercle une maison cossue de la banlieue de Rome. Ils se retirent en emmenant la locataire, la femme d’un oligarque kazakh en exil, qui vit là avec sa fille de 6 ans. La police revient le lendemain chercher la fillette, qu’elle conduit vers l’aéroport où un avion privé les attend. Elles sont remises aux autorités kazakhes, sans même avoir pu parler à un avocat ou à des proches. Depuis, leur expulsion a été déclarée illégale par le tribunal de Rome, le 28 juin.
Pourquoi un tel déploiement de force ?
La police italienne espérait trouver le mari, Moukhtar Ablyazov, un banquier et dissident, ancien allié de l'autoritaire président Noursoultan Nazarbaïev. Il est en fuite depuis 2009, lorsque sa banque, la BTA, a été déclarée en faillite. La police de son pays lui reproche d'avoir détourné 4,6 millions d'euros. En 2011, Moukhtar Ablyazov a obtenu l'asile politique à Londres, mais il n'y réside plus depuis qu'une cour locale l'a condamné à vingt-deux mois de prison pour entrave à la justice : il a refusé de témoigner sur l'argent de la BTA. La police italienne était convaincue de le trouver là. Elle n'a découvert dans la maison qu'une photo où il posait avec sa fille. Vendredi, Moukhtar Ablyazov a, dans une interview à la Stampa, affirmé que sa femme et sa fille sont désormais «otages» de Nazarbaïev.
D’où vient le contentieux avec Nazar




