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Nouveau comme le monde

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Publié le 05/07/2013 à 19h06

«Pour l'essentiel des êtres humains habitant la Terre, pendant très longtemps, il importait peu que le monde existât. Il existe aujourd'hui et voici pourquoi il met à l'épreuve l'histoire toute entière.» Ainsi, écrit Patrick Boucheron dans un petit ouvrage étonnant qui propose rien moins qu'Une histoire-monde, une histoire à l'échelle de la planète, bousculant le cadre traditionnel de l'Etat-nation à l'intérieur duquel elle est généralement écrite. Mais une histoire-monde, précise le professeur d'histoire du Moyen-Age à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne, qui «ne vaudra que si elle dédaigne l'illusion du tout, mais ouvre au contraire tout un monde d'histoires».

De quoi s'agit-il au fond ? Esquissée à partir de la mondialisation économique à la fin du siècle dernier, cette histoire-monde a bien vite dépassé une approche contemporaine des échanges économiques pour proposer un récit décrivant «la mise en relation des différentes parties du monde depuis le Moyen-Age jusqu'à nos jours». Exemples : les travaux sur les diasporas marchandes à l'époque moderne ou ceux sur le statut des migrants et des réfugiés politiques au XXe siècle.

Plus saisissant encore, Boucheron évoque les recherches de Serge Gruzinski mettant en parallèle la conquête de l'empire aztèque par Cortes en 1520 et l'échec des Portugais à faire plier l'empire chinois. Or, selon l'historien, le rapprochement de ces deux événements raconte l'invention de l'Occi

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