Un troupeau de chèvres blanches apparaît au dernier moment sur la roche couleur lave séchée. In extremis, un homme court pour le dérouter et le génie civil peut lancer le décompte. 5… 4… La décharge part. Une immense flamme jaillit, puis une violente explosion secoue l'Adrar de Tigharghar, une monotone succession de collines sombres non loin de la frontière entre le Mali et l'Algérie. Ce jour-là, 19 roquettes partent en fumée sous les yeux des militaires français, qui ont déniché en tout 15 tonnes d'armes et de munitions, dont des dizaines de sacs de nitrate «made in Ghana» enterrés dans une dune. Deux des six morts de l'armée française ont sauté sur ces engins explosifs improvisés. Six mois après l'arrivée des troupes françaises de la force «Serval» au Mali et la fuite des jihadistes du nord du pays, l'opération «Sirius», menée du 13 au 18 juin a permis de découvrir plusieurs caches similaires dans une région qui reste volatile à trois semaines de l'élection présidentielle du 28 juillet (lire ci-dessous).
Légionnaires. «L'ennemi n'est plus forcément présent dans la zone et il cherche à nous éviter. Mais il garde toujours la volonté de récupérer ses caches ponctuellement, expliquait mi-juin le capitaine Louis, jeune commandant de Sirius. Ces opérations seront nécessaires par la suite pour la sécurité de la population. C'est elle qui nous indique les caches.» Mais les renseignements des civils ne suffisent pas to




