Il était l'un des rares intellectuels juifs à avoir osé franchir le pas, non seulement en défendant corps et âme la cause palestinienne, mais rejoignant l'Organisation de Libération de Palestine (OLP) de Yasser Arafat à une époque où celle-ci était honnie un peu partout, qualifiée par les responsables israéliens et américains d'«organisation terroriste». Il lui avait fallu abattre un double mur, celui de l'opprobe et de la haine pour les uns, celui de l'extrême méfiance pour ceux dont ils rejoignaient la cause. Personnage singulier s'il en est, amoureux fou de politique, mais tout autant fou amoureux de la vie, goûtant les fêtes et la musique, Ilan Halevi s'est éteint mercredi à Clichy. Il avait 70 ans.
Né en France en 1943 d'une famille juive yéménite, Ilan Albert – son vrai nom – se sera battu pendant toute sa vie pour ses idéaux, ceux d'un homme de gauche, radicalement à gauche dans sa jeunesse, antisioniste et propalestinien. Il fut membre d'un tout petit parti gauchiste israélien, le Maavak (Lutte), dont seuls les historiens se souviennent. Lui se décrivait comme «100% juif et 100% arabe».
Au départ journaliste, connu pour la pertinence de ses analyses, cofondateur en 1981 de la revue d'Etudes palestiniennes, cet intellectuel d'une grande culture universaliste, francophile, qui fut un proche ami du philosophe et psychanalyste français Félix Guattari, a été happé très tôt par la politique. Il n'en conservait pas moins un regard lucide, aiguisé pa




